INTERVIEW DU PRÉSIDENT EXÉCUTIF EN 2014

Sandra : Il y a notre auditeur du Cameroun qui est là. Bonjour, est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs ?

Olli : Bonjour, je suis Monsieur Olli. Je vous appelle de Yaoundé au Cameroun. Je suis président de l’association Josiaslive. Nous faisons dans la santé mentale, particulièrement contre les abus des enfants. On s’est rendu compte qu’il y a plein de cas, des malades mentaux qui sont retrouvés dans la rue et souffrant du VIH. Les enfants sont abandonnés. Nous avons décider de mettre sur pied une association qui doit favoriser leur insertion. Nous allons dans les milieux ruraux, les campagnes. On a beaucoup plus ciblé les coins comme les villages au lieu de s’intéresser à la ville parce qu’on s’est rendu compte que les gens ont plus de statistique en ville et oublient les villages. Dans les villages il y a plus de problèmes qu’en ville.

Sandra : Comment est-ce que tu nous a connus ?

Olli : J’ai connu votre radio par le biais de Sandra à travers internet lors de mes multiples recherches. J’ai fait la connaissance de Sandra, une connaissance virtuelle bien sûr. Là on a commencé à échanger. Au fur et à mesure qu’on échangeait, elle a trouvé de me faire passer directement un jour à votre émission. En fait, peut-être que je peux apporter une modeste contribution à vos auditeurs et pourquoi pas également quelques lecteurs de votre site.

Sandra : Donc tu nous a connus via notre site comitedesfamilles.net. Le VIH c’est quelque chose que tu connais depuis longtemps. Peux-tu nous raconter ton lien avec le VIH ? Pourquoi cette problématique t’intéresse tant ?

Olli : Pour moi le VIH n’était pas directement un lien au départ. Le VIH est devenu une préoccupation à partir du moment où au fur et à mesure que je vivais avec les malades mentaux, au Cameroun on appelle le malade mental généralement le fou. La science ne démontre pas le malade comme étant un fou parce qu’il y a aussi beaucoup de personnes qui vivent la dépression mentale qui ne sont pas forcément folles. Mais alors au fur et à mesure que je me familiarisais aux malades mentaux, ça veut dire celles qui sont folles, qui sont dans les rues, je me suis rendu compte que sur 50 femmes que je rencontrai ou bien sur 50 personnes, quand je les amenais à l’hôpital au centre Jamot au Cameroun, les statistiques me prouvaient que sur les 50 il y avait au moins 30 personnes qui étaient infectées du par le VIH. Au fur et à mesure, je me suis familiarisé à la problématique du VIH/Sida. C’est devenu pour moi presqu’une passion parce que ça allait aussi regrouper les enfants issus de ces mamans-là qui étaient également porteurs de la maladie. Je leur ai donné mon petit amour et inséré dans la vie active. Donc c’est comme ça que directement le problème du VIH/Sida est devenu peut-être une passion.

Yann : Bonjour, j’ai une petite précision. J’aimerai savoir le nom de l’association et comment faire si certains auditeurs voudraient aider ces enfants qui sont en perdition. Il y a un pourcentage important d’enfants abandonnés dû au VIH ?

Olli : Le nom de l’association c’est Josiaslive. La première aide que nous souhaitons, que vous pouvez nous apporter c’est d’abord une aide je peux dire, une assistance purement technique. Nous sommes une association qui n’a pas suivi de formation sur le terrain. Nous apportons beaucoup plus de l’amour, de l’affection et de l’envie. Quand nous voyons des malades mentaux, des enfants en train de souffrir, nous avons envie tout de suite de les aider. Leur donner l’espoir. Alors techniquement, la première aide que nous pourrions avoir c’est la formation. Et l’autre aide c’est de pousser les autorités camerounaises à mieux reconnaître que le malade mental n’est pas une personne qu’on doit rejeter, n’est pas une poubelle en fait. Le malade mental est un être humain qui a besoin d’assistance, d’aide et qui doit être régulièrement considéré quelque soit son degré de dépression mental. Au Cameroun on s’est rendu compte que la quasi majorité des malades mentaux sont des personnes vulnérables qui subissent des abus. C’est là que les bourreaux camerounais qui sont à la recherche du pouvoir, c’est là qui partent se défouler en agressant sexuellement ces femmes. Parmi ces personnes qui viennent abuser de ces femmes, il y a des malades qui sont des personnes infectées par le VIH/Sida. Et quand ils viennent auprès de ces femmes, ils commencent à coucher violemment avec ces femmes sans préservatif. Sans respecter rien, sans respecter les valeurs humaines. Tout de suite les autorités camerounaises ne comprennent pas ça. Ils ne prennent pas ça au sérieux. On les interpelle, ils font la sourde-oreille. L’an passé, nous étions à 4,3% du taux de prévalence au Cameroun. Est-ce que sur le terrain c’est vraiment vérifié ? Non. Les malades mentaux sont entièrement abandonnés, ils ne sont pas assistés. Nous assister c’est déjà amener les autorités camerounaises premièrement et ce qui peuvent influencer le Cameroun de l’extérieur à prendre à bras le corps le problème du malade mentale. S’il y avait un autre point pour nous apporter une aide, je ne peux que remettre à la disposition de personnes volontaires. Vous avez l’adresse de l’association, l’adresse mail, le numéro de téléphone. Si vous avez une aide à nous apporter, vous pouvez nous contacter. Mais la meilleure des aides que nous attendons, de tous nos partenaires c’est franchement une meilleure formation et une insertion dans la vie active pour que le malade mental et les personnes vivant avec le VIH/Sida soient beaucoup plus considérés.

Sandra : Bravo pour votre combat, vraiment c’est très important comme message. On n’en parle pas assez souvent des malades mentaux. Romain Mbiribindi est-ce que vous connaissiez cette association ?

Romain Mbiribindi : Je ne la connais pas. Mais à partir de ce que notre ami vient de dire, je pense que ce qui est vraiment urgent dedans c’est d’avoir une approche juridique. Il faudrait qu’ils aient des juristes puisque pour parvenir à trainer ces personnes, qui commettent des abus, devant la justice. Il ne suffit pas simplement de motiver les personnes ou de les encadrer, de les encourager mais il faudrait punir les personnes qui commettent les abus.

Olli : Dans notre association malheureusement nous n’avons pas encore de juriste parce qu’en fait au Cameroun, pour ceux qui connaissent le Cameroun, ils connaissent que avoir un juriste avec soi, c’est débourser des sous. Pour consulter déjà, les frais de dossier s’élèvent à minimum 50 000 francs CFA, qui peut couter près de 36 euros chez vous là-bas… et de deux maintenant, c’est que les personnes qui abusent de ces malades, beaucoup plus a priori les femmes, parce que les hommes font également sodomiser le derrière. Ca vraiment, c’est horrible ! S’il fallait maintenant que je mette sur le site les photos qu’on a eu à en prendre. Pour vos auditeurs qui connaissent un peu les quartiers de Yaoundé, fameux carrefour de la joie, ils vont tranquillement vous dire que c’est un quartier qui n’est pas trop bon. Ce qu’on a eu à filmer c’était horrible. Un individu qui sodomise le derrière. Ce ne sont pas des petites personnes qui le font, ce sont des grandes personnalités qui sont à la tête du pouvoir. Ce sont des sous-préfet qui veulent se maintenir au pouvoir. Ce sont des ministres qui veulent se maintenir au pouvoir. Ils passent par des rituels et tout de suite on leur prescrit les gourons, les marabouts, d’aller coucher avec une folle, un fou et tout de suite il arrive comme ça, sans ménager aucun effort, il attrape un fou, une folle, il met derrière sa voiture. C’est pour aller abuser de cet individu. C’est comme ça que ça se passe en fait. Ce sont des personnes qui ne sont pas facilement touchables.

Yann : Je voulais te demander, est-ce que toi tu as des pressions par rapport à l’Etat ? Du fait que tu dénonces des choses quand même d’une grande importance.

Olli : Des pressions, vous allez visiter notre site. J’ai une sérieuse pression par l’Etat. Un ancien sous-préfet, quelqu’un qui voulait se maintenir au pouvoir. Il a abusé gravement d’une fille, d’une femme. J’ai été bastonné dans le noir, j’ai été couvert de sang, de blessure. On m’a demandé de retirer cette information du journal. Ici, au Cameroun, pour se faire entendre il faut passer par les médias, beaucoup par la presse écrite. L’information avait occupé toute la ville. Ce Monsieur m’a poursuivi. J’ai été tellement… j’ai été agressé, j’ai été obligé de fuir le Cameroun, pour me réfugier en Guinée. Je suis restée là-bas pendant 4-6 mois parce qu’il fallait sauver ma vie. C’est après quand le secrétaire m’avait dit que la situation s’est calmée, il fallait que je revienne. La pression, ça, je subis. Au Cameroun, Le pouvoir ne va pas sans l’handicap, sans les personnes malades. Si vous vous intéressez à cette histoire, vous allez subir la pression, vous allez risquer votre vie.

Sandra : Merci Olli pour ta participation. Bon courage pour ton combat, ce sera relayé sur le site comitedesfamilles.net. J’espère que les auditeurs vont s’intéresser. C’est très fort ce que tu racontes et félicitations pour ton combat et puis pour tous ceux qui te soutiennent. Merci pour ton appel, j’espère que tu continueras à nous écouter, en tout cas merci pour ta fidélité et à très bientôt.

Yann : Merci Olli.

Romain Mbiribindi : Et aussi, rapprochez-vous des associations de défense des droits de l’homme au Cameroun puisqu’elles existent.

Olli : Oui, il y a des associations, beaucoup. Nous avions créé une base de donnée qui regroupe toutes les associations qui militent pour les droits de l’homme. Bon, c’est chacun qui milite pour son coin vous voyez. Nous, nous faisons beaucoup plus pour la santé mentale et la prévention des adultes. Il faut qu’on dise clairement, avant de remercier vos auditeurs qui nous écoutent depuis Paris et tout le reste, il faut d’abord que je vous dise clairement, nous avons un souci dans notre pays au Cameroun, nous ne sommes pas trop solidaires. Et si nous étions solidaires, il y aurait beaucoup de choses qui auraient changé. Il faut déjà certainement que nous puissions beaucoup bénéficier de formation pour qu’on incite à chacun de nous la solidarité. Il est important que les associations ne soient pas dispersées. Si chacun milite dans son coin, ça ne pourra pas aller. J’espère bien, vos auditeurs ont été très délicats pour m’écouter, je leur en suis très reconnaissant. Je salue tous ceux qui ne me connaissait pas d’ailleurs. Je vous souhaite aussi beaucoup de courage et que votre radio continue à émettre des bonnes informations parce que nous en avons besoin pour édifier, redonner la vie à ceux qui perdent l’espoir.

Sandra : Merci, on va continuer à faire du bon travail. Merci pour tes encouragements et à très bientôt.

Olli : A très bientôt et bonne journée dans vos studios. Au revoir.

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